Ed04 du 30 septembre 2001
 

La SAGA FOURNIER - MARTIN

ou Le commerce aumalois à travers 4 générations

de Fournier - Martin

Article de Guy Boulnois Extrait du journal "Le Réveil" du 24 Avril 1987

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C'est là que, pour moi, a commencé la difficulté, car s'il parle facilement de sa famille, Jean Martin n'aime pas parler de lui, ce technicien de grande valeur a une qualité majeure : la modestie. Je suis donc revenu plusieurs fois à la charge.

Tout d'abord, je trouve beaucoup d'analogies entre Jean Martin et Alfred Le Petit : tous deux sont fils d'horlogers aumalois, l'un et l'autre ont commencé à travailler dans l'atelier paternel et à fabriquer un régulateur de précision (vous verrez plus loin que la ressemblance ne s'arrête pas là).

Donc en 1922, Jean Martin construit un régulateur qui, en plus de l'heure, indique les jours, les mois, les saisons, le lever et le coucher du soleil, les éclipses, les signes du zodiaque, etc...

En 1927, il fait son service militaire au laboratoire de la tour Eiffel commandé par le général Férié bien connu des transmetteurs.

Là, il se retrouve avec des jeunes techniciens qui, comme lui, commencent à faire de l'émission en morse.

En 1934/35 Jean Martin émet de la musique le dimanche matin et reçoit les félicitations du sénateur Thureau-Dangin qui l'écoutait de Neufchâtel.

Il diffuse même une pièce de théâtre "Le gardien de Phare" avec Marius Deneboude et Georges Pauchet.

Par la suite, il construit un émetteur plus puissant qui sera capté dans tous les coins du monde.

Autorisation d'émettre

Il monte entièrement un "appareil à transmettre les images à distance" (Bélinographe) tout d'abord par fil, puis par radio, c'était en 1931 !

Puis il commence à fabriquer des récepteurs à la chaîne et la renommée de la "Maison Martin" grandit dans toute la région.

 

 

 

 

 

Après la libération, il "sonorise" toutes les manifestations d'Aumale et de la région : les bals, les élections de reines d'un jour, les courses, les concours hippiques et les tirages des premières quinzaines commerciales, etc...

Bien évidemment, il est au PC de commandement des spectacles inoubliables que furent les "son et lumière" "en Normandie à travers les siècles" et "Normandie pourpre et or". La qualité de la retransmission était remarquable et, pour la petite histoire, les 4 haut-parleurs (pesant chacun 150 kg) étaient les mêmes que ceux du Festival de Cannes...

Toujours précurseur, Jean Martin construit un récepteur de télévision et comme Aumale est situé dans une vallée, il est obligé de monter une antenne très haute pour recevoir la première émission (il n'y avait pas de relais à cette époque...). Un peu plus tard, quelques privilégiés pourront suivre chez lui le couronnement de la reine d'Angleterre en 1953.

En 1950, il fonde le Club des Cinéastes Amateurs Aumalois (le CCAA) avec jean Fournot, M. Pathier, l'abbé Rabiot, et le docteur Lejeune auxquels se joindront par la suite Pierre Dupuy et Bernard Lainé. Chaque année, le CCAA offre au public " Les actualités aumamoises" au cinéma Chanteclair. Ce club est d'ailleurs plusieurs fois récompensé dans des concours régionaux et nationaux.

Les films qu'il possède sont sonores et d'une qualité remarquable et constituent maintenant des "images d'archives" incomparables sur la vie aumaloise d'après la guerre. (Actuellement ces films sont déposés au POLE IMAGES DE HAUTE NORMANDIE à ROUEN)

Jean Martin transforme son magasin et fête le 60ème anniversaire de sa fondation en 1962. Il prend sa retraite en 1974 et se retire dans le Midi.

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme je l'ai indiqué précédemment, Alfred Le Petit et Jean Martin ont encore un point commun : ce sont des artistes peintres. En effet, Jean Martin qui avait commencé à dessiner très jeune doit interrompre ses activités artistiques à cause de ses multiples occupations professionnelles. Toutefois, pendant la guerre, il dessine au fusain le "Portail de Jean Goujon" et "Les vieilles maisons" (dont il fait don au syndicat d'initiative) que nous reproduisons ici.

 

Portail Jean Goujon

Les vielles maisons

 

Voici une photo prise par la famille MARTIN. Cette photo est plus ancienne que les cartes postales. On peut apercevoir des poteaux électriques sur l'angle de la charcuterie ce qui situe ces cartes postales vers 1930-40 alors que la photo date d'environ 1860 ?

 

Photos MARTIN prises sur plaque de verre Cartes postales http://france.mediasys.fr

Place des Moulins

 

Maintenant retraité, Jean Martin a repris ses crayons et ses pinceaux et j'ai pu admirer des pastels, des aquarelles et des peintures représentant tous les coins de France ou des compositions originales où il laisse libre cours à son imagination. Il anime une association de peintres de St-Raphael-Fréjus et participe à des expositions où il a remporté plusieurs médailles d'or et d'argent.

C'est donc grâce à Alfred Le Petit que j'ai retrouvé Jean Martin (avec lequel il a tant de points communs) et cela nous a permis de survoler un siècle de commerce aumalois à travers la saga "Fournier-Martin".

Guy Boulnois ex membre du GAVB (Groupe Archéologique du Val de Bresle)

 
  L'excellente biographie d'Alfred Le Petit est en vente au Syndicat d'initiative et à la Maison de la Presse à Aumale.

Pages réalisées par François MARTIN, cinquième génération.